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© Samuel Fosso, Le Marin, autoportrait Série TATI, 1997, photographie couleur, 120 x 120 cm

© Samuel Fosso, Le Marin, autoportrait Série TATI, 1997, photographie couleur, 120 x 120 cm

Samuel Fosso, étonnantes ressemblances

Si l’œuvre de Samuel Fosso présente des similitudes avec ses prédécesseurs, elle ne s’en inspire pas pour autant. La ressemblance relève davantage de la filiation, un métissage inattendu d’August Sander et de Cindy Sherman.

 

L’œuvre de Samuel Fosso est troublante en ceci que la question de la ressemblance y est thématisée simultanément de l’intérieur (puisqu’elle consiste pour l’essentiel en de paradoxaux autoportraits en autrui) et de l’extérieur (dans la mesure où, dans son ensemble, elle ressemble à d’autres œuvres majeures du XXe siècle). Commençons par la ressemblance déterminée depuis l’extérieur, car c’est elle qui confère son homogénéité profonde à un corpus formellement assez divers, mêlant grands et petits formats, images en couleurs et en noir et blanc, photographie de studio et photographie « plasticienne ». L’histoire de l’art a coutume d’appréhender les affinités entre une œuvre donnée et une autre qui lui est antérieure sous la catégorie de l’influence, à vrai dire mieux pensée par l’astrologie que par l’esthétique. Vague, la notion suppose en tout cas un milieu continu à travers lequel une œuvre produit un effet sur une autre. De fait, quand il n’est pas astrologique (l’influence des planètes) le modèle est épidémiologique : l’influenza en italien, c’est la grippe ; Erwin Panofky évoque la « contagion » des iconographies. Ce n’est précisément pas cette relation que Fosso établit avec ses prédécesseurs, car il n’y a pas vraiment de sources d’inspiration, mais bien d’étonnantes ressemblances produites par les images elles-mêmes avec d’autres, difficilement comparables entre elles. Le paradigme est, cette fois, génétique : étonnantes ressemblances comme sont celles de l’enfant qui tient à la fois de ses deux parents, lesquels n’ont physiquement rien de commun entre eux. (…)

 

 

Retrouvez la suite de cet article dans le numéro #37 de Diptyk Mag actuellement en kiosque

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    22 février 2017
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