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©  Débat imaginaire entre Averroès et Porphyre, 2016, tirage numérique et néon, 4 x 5 m Courtesy de l’artiste et Galerie Imane Farès.

© Débat imaginaire entre Averroès et Porphyre, 2016, tirage numérique et néon, 4 x 5 m Courtesy de l’artiste et Galerie Imane Farès.

Une mathématique des étoiles

Première exposition personnelle de Mohssin Harraki à Paris, « Matière grise » réunit des œuvres inédites, fruits de son questionnement sur l’ordonnancement du monde. 

 

Le monde peut-il se résoudre en une équation ? Est-il mû par une logique, matérielle ou métaphysique ? Au travers d’un corpus d’œuvres nouvelles, qui s’offrent comme autant d’indices d’un sens possible, Mohssin Harraki demande comment comprendre, ou du moins se représenter, l’ordonnancement du monde, si jamais il y en a un ? Si cette question fut mille fois soulevée dans l’histoire de la pensée, elle relève chez lui d’un intime souci, remontant à l’enfance, de la « logique des choses ». « J’ai été bon élève en mathéma- tiques et en calcul, confie-t-il à Karima Boudou dans une interview parue sur Ibraaz.org. Je sais suivre la logique des chiffres ; mais à un moment donné, l’art a pris le dessus, avec une manière de voir la logique autrement. » De là provient sans doute son intérêt pour les penseurs arabes médiévaux (Ibn al-Shatir, Al-Biruni), pour qui mathématiques, médecine et art participaient de la même recherche. De là aussi l’intuition de la nécessité de se projeter au-delà du « phénomène » (au sens propre, ce qui apparaît) – dont l’histoire et la politique, dans notre monde médiatisé, font partie – pour s’arracher de la sur- face des choses. 

 

DÉSORDRE INESSENTIEL

 

Mohssin Harraki a construit le propos de l’exposition à partir de Anwar al-nujum (La lumière des étoiles, 2015), quatre vidéos interprétant avec force et poésie la beauté mathématique du mouvement des astres. On découvre alors la série Khossouf (Éclipse, 2017), inspirée des textes de l’astronomie arabe et probablement de l’Amalgeste de Ptolémée, qui semble lier l’ordre cosmologique à tous les ordres du monde. Dans le secret du sous-sol de la galerie, Najm (Étoile, 2017), sorte de monolithe rayonnant, laisse la lumière traverser ses épaisseurs de verre gravées de schémas et de mots, se diffuser et se diffracter, à la fois émergente et immanente. C’est comme si le désordre, le chaos, la démesure étaient en vérité inessentiels.(...)

 

Retrouvez la suite de cet article dans le numéro #37 de Diptyk Mag actuellement en kiosque

 

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    8 mars 2017
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