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(à gauche) Hicham Benohoud, série La Salle de classe, 2002. (à droite) Hicham Benohoud, série La Salle de classe, 1994-2001 © Hicham Benouhoud, Courtesy Loft Art Gallery

(à gauche) Hicham Benohoud, série La Salle de classe, 2002. (à droite) Hicham Benohoud, série La Salle de classe, 1994-2001 © Hicham Benouhoud, Courtesy Loft Art Gallery

Art Paris cultive sa différence

Sous les verrières du Grand Palais, l’édition 2017 d’Art Paris Art Fair réunit quelque 130 galeries de vingt pays. La foire parisienne poursuit son travail de défrichement desnouvelles scènes avec cette année l’Afrique à l’honneur.

 

Art Paris revient de loin. Longtemps considérée comme le salon des recalés de la FIAC, cette « foire de découverte », comme elle aime à se définir aujourd’hui, a mis près de dix ans à s’affranchir d’une réputation peu flatteuse. Depuis l’arrivée en 2011 de Guillaume Piens, précédemment directeur de Paris Photo chez Reed Expositions, la « petite » foire semble tracer son propre sillon. Plus accessible, probablement moins formatée, elle draine aujourd’hui plus de 50 000 visiteurs et talonne la FIAC. Ainsi certaines galeries consacrées rempilent (Nathalie Obadia, Daniel Templon…) tandis que l’effet découverte – si cher aux organisateurs – doit sans doute beaucoup, cette année, au Focus Afrique qui tombe à pic pendant cette saison culturelle parisienne particulièrement tournée vers le continent (La Villette, Fondation Vuitton, IMA...). Art Paris revendique ici une vision « ouverte et non exotique » qui marie « différentes Afriques : francophone, anglophone, lusophone » selon Guillaume Piens. On retrouve quelques usual suspects : la Galerie Cécile Fakhoury (Côte d’Ivoire) y présente notamment la très délicate série Princesse de Dalila Dalléas Bouzar. André Magnin (Paris) convoque ses incontournables (Steve Bandoma, JP Mika, Chéri Samba) vus à la Fondation Cartier il y a deux ans. La galerie sud-africaine WHATIFTHEWORLD consacre un solo show à Mohau Modisakeng, figure montante qui représentera l’Afrique du Sud à la prochaine biennale de Venise. Plus loin, les enseignes britanniques envoient aussi du lourd, elles qui ont largement anticipé l’engouement actuel pour l’art contemporain africain. 

Aux côtés des masques de Romuald Hazoumé et des portraits cloutés d’Alexis Peskine, October Gallery annonce le ghanéen El Anatsui (Lion d’or à Venise). Ces œuvres dialogueront sans rougir avec les valeurs sûres exposées sur les autres stands : Valérie Belin et Fabrice Hyber repérés chez Nathalie Obadia, Miguel Chevalier (Lélia Mordoch), Robert Combas (AD galerie, Montpellier) ou Jan Fabre à la Galerie Guy Pieters. On notera le (très) petit cliché des deux coquettes de Diane Arbus ou la délicate Japonaise à la pastèque de Nobuyoshi Araki qui tranche avec les séries érotiques qu’on lui connait bien.

 

MEHADJI, BENOHOUD ET LEKLETI EN SOLO

Dans cet ensemble forcément foisonnant, quelques éléments isolés de la scène marocaine apparaîtront, bien que Loft Art Gallery soit la seule à faire le voyage depuis le Maroc. L’enseigne casablancaise propose le solo show du photographe Hicham Benohoud qui clôt« une année 2016 exceptionnelle, marquée par l’exposition de la série La Salle de classe à la Tate Modern », rappelle Jacques-Antoine Gannat, son chargé de développement. Face à l’iconique série en noir et blanc, les clichés plus récents comme The Hole jouxteront quelques peintures et collages. Autres solo shows, ceux de Mohamed Lekleti (Dupré & Dupré Gallery, Béziers) ou Najia Mehadji dont la beauté épurée des œuvres inspirées des danses soufies n’est plus à démontrer. De petites gouaches accessibles à moins de 4 000 euros seront montrées chez le galeriste parisien Claude Lemand, qui ne lésine d’ailleurs pas sur les moyens cette année. Entre les petits formats de la Libanaise Etel Adnan et les peintures de Mahi Binebine, il expose les ondes colorées de Mohamed Melehi. On trouvera également les 14 lithographies de Farid Belkahia. Sur l’une d’elles, on peut lire : « J’ajouterai du sépia, des ocres rouges, du noir, des poudres aux couleurs profondes pour exaspérer la cicatrice troublante des formes vertigineuses ».

 

Plus loin, la série Les Marocains de la regrettée Leila Alaoui sera exposée par une galerie luxembourgeoise (Wild Project Gallery). Mustapha Azeroual (Binome) et Lalla Essaydi (October Gallery) seront également représentés. L’incontestable présence d’artistes marocains, ici principalement soutenus par leurs galeries européennes, confirme le dynamisme de la scène artistique du Royaume et fait regretter de ne pas voir les galeries marocaines y propulser les jeunes pousses.

Art Paris cultive sa différence

Mohamed Lekleti, Les Volontés souveraines, 2016 Courtesy Dupré & Dupré Gallery, Béziers

Art Paris cultive sa différence

Marion Boehm, INKOSI, 2016 Courtesy ARTCO Gallery

Art Paris cultive sa différence

Valérie Belin, Confessions of The Lovelorn, série All Star, 2016 Courtesy Galerie Nathalie Obadia, Paris/Bruxelles

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    27 mars 2017
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