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James Morris, Mosquée du vendredi, Djenné, Mali ©James Morris

James Morris, Mosquée du vendredi, Djenné, Mali ©James Morris

«Il n’y a pas d’islam africain»

Avec « Trésors de l’islam en Afrique », l’Institut du monde arabe réitère sa proposition de relecture de l’islam mettant en évidence les dynamiques de circulations, d’échanges et d’appropriations. Entretien avec les curatrices Nala Aloudat et Hanna Boghanim.

 

Vous semblez très attachée aux processus de circulation et donc d’interactions, êtes-vous les défenseurs d’une « histoire connectée » ?

N.A. : Plus qu’une « histoire connectée » entre l’Afrique subsaharienne et le monde arabo-musulman, nous souhaitions montrer des cultures de l’islam nées d’un processus d’adoption volontaire, articulé à l’héritage de traditions locales.

 

Pensez-vous qu’il existe un islam africain ?

N.A. : L’idée est gênante, elle porte en elle une idée ancienne qui voudrait que l’islam en Afrique soit moins « orthodoxe » car teinté de fétichisme. Donc non, il n’y a pas d’« islam

africain ». Il y a un islam, et des pratiques.

 

Comment s’est effectuée la sélection des œuvres ?

N.A. : Un des critères a été la pluridisciplinarité des œuvres, relevant du patrimoine matériel et immatériel, pour être au plus proche d’une expression vivante de la pratique de la religion, d’où aussi le choix d’y intégrer des œuvres d’art contemporain, sélectionnées lors de la biennale de Dakar.

 

Quelles sont les œuvres les plus signi actives des processus de transmission de l’islam en Afrique ?

N.A. : Les objets swahilis manifestent de manière très claire le mélange entre les traditions antéislamiques et locales : les fouilles des sites funéraires anciens montrent par exemple

que si la construction ou l’orientation des tombeaux sont typiques du monde musulman, les objets enterrés avec les corps s’inscrivent dans la coutume locale.

 

Le parcours de l’exposition est-il chronologique ou

thématique ?

N.A. : Il est chrono-thématique, sur trois espaces : l’Afrique de l’Ouest, la Corne de l’Afrique, la haute vallée du Nil et la côte swahilie, des régions correspondant aux contacts les

plus anciens et fructueux entre le monde arabe-musulman et l’Afrique subsaharienne. Nous montrons que dans un premier temps la religion s’est diffusée dans le sillage des marchands  Puis qu’à partir du XVIe siècle elle s’est effectuée par l’écrit, grâce à l’émergence de grands centres d’enseignement et d’une nouvelle classe sociale de lettrés. Puis enfin qu’à partir du XVIIIe siècle et surtout au XIXesiècle, les djihads ont joué un rôle important dans son implantation en Afrique de l’Ouest et au Soudan. (...)

 

 

Retrouvez la suite de cet article dans le numéro #38 de Diptyk Mag actuellement en kiosque

 

«Trésors de l’islam en Afrique. De Tombouctou à Zanzibar», Institut du monde arabe, Paris, jusqu’au 30 juillet.

 

Propos recueillis par Corinne Cauvin

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    14 avril 2017
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