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Vue de l’exposition. Installations de Nabil Boutros, Le Rêve (haut) et d’Abdulrazak Awofes, A thousand men can’t built a city (bas). © Catherine Starkman

Vue de l’exposition. Installations de Nabil Boutros, Le Rêve (haut) et d’Abdulrazak Awofes, A thousand men can’t built a city (bas). © Catherine Starkman

Une cité poétique et exubérante

Sous la Grande Halle de La Villette, Simon Njami a imaginé une ville utopique, véritable concentré des métropoles africaines, peuplée par les artistes qu’il affectionne.

 

Afriques capitales » annonce d’emblée son programme. L’entrée, mise en scène par Hassan Hajjaj, artiste marocain installé à Londres, se présente comme un grand tea room hypercoloré, genre univers sapeur contemporain se jouant de la branchitude exotique. On pénètre ensuite dans la halle de la Villette par une allée centrale qui donne accès aux différents quartiers, blocks, monts et places occupés par 41 artistes originaires pour la plupart du continent. Le projet est né l’année dernière à la Biennale de Dakar. Simon Njami, écrivain et critique d’art – il a marqué avec les expositions « Africa Remix », « La Divine Comédie » et sa Biennale de Dakar 2016, « La Cité dans le jour bleu » – a accepté la proposition de Dominique Fiat, fondatrice d’Africa Aperta, dont « Afriques capitales » est un premier volet.

Questionné sur son concept scénographique très travaillé, Simon Njami nous répond : « On pense une exposition par rapport au lieu. On ne va pas venir à la grande halle de La Villette en se disant : «Il faut remplir l’espace». Là, on peut embrasser la ville quand on monte sur la colline ». Très architecturée, modulaire, sa ville se découvre en effet depuis différents points de vue et révèle des œuvres « à tiroirs » qu’il faut prendre le temps de regarder. Des promontoires, on aperçoit les grandes cabanes, les Falling Houses de Pascale Marthine Tayou qui, suspendues au plafond, coiffent l’allée principale. On voit le Minaret de Moataz Nasr, tout éclairé de l’intérieur. On remarque l’étrange case de Poku Cheremeh, Pokoj, aux parois en crackers et emballages Wasa, dans laquelle, en y pénétrant, on examine les rideaux en cheveux, le mobilier de récupération parfois recouvert de chewing-gums mâchouillés ou de caramels... En cheminant dans les rues d’« Afriques capitales », on pénètre dans un monde en construction/déconstruction. On trouve des univers éclatés : le monumental Labyrinthe de Youssef Limoud, les cabanes sens dessus dessous de Tayou, les vidéos et photos destroy et déjantées de Fatima Mazmouz (Super Oum), le montage photo entre ciel et terre de Sammy Baloji (Ouakam Fractals), Le Rêve de Nabil Boutros dans le ciel de l’exposition, nuage blanc pur traversant un cercle de fil de fer barbelé (…)

 

Propos recueillis par Pascale Le Thorel

Retrouvez la suite de cet article dans le numéro #38 de Diptyk Mag actuellement en kiosque

 

 

 

«Afriques capitales», Grande Halle de la Villette, Paris, jusqu’au 28 mai 2017.

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    8 mai 2017
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