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David Uzochukwu , Wildfiret, 2015. Courtesy de l’artiste et Galerie Number 8, Brussels

David Uzochukwu , Wildfiret, 2015. Courtesy de l’artiste et Galerie Number 8, Brussels

« AKAA a un rôle à jouer dans la construction d’un marché pérenne »

Après une première édition réussie qui avait réuni 40 artistes et 15 000 visiteurs en trois jours, la foire spécialisée parisienne revient au Carreau du Temple. L’occasion de faire le point avec sa fondatrice sur ce boom de l’art contemporain africain dont tout le monde parle. 

 

 

Le marché français est-il aussi dynamique que celui de Londres ou de New York en termes d’achats ? 

Il est en très bonne voie de le devenir. Il accuse certes un retard, mais à deux mois de la seconde édition d’AKAA, nous constatons, via nos réseaux de collectionneurs, que l’intérêt est grandissant. Et ce d’autant plus qu’entre la première et la seconde édition, la programmation de grandes institutions parisiennes a jeté un coup de projecteur sur cette scène artistique africaine. Pensons à l’exposition « Afriques Capitales » à la Villette, ou à celle de la Fondation Vuitton, « Art/ Afrique, le nouvel atelier ». 

 

Vous dites que le marché français est en retard, pourquoi l’est-il ? 

On a la réputation en France d’être de fins connaisseurs des arts traditionnels africains. Il suffit de voir le nombre de galeries spécialisées Rive Gauche à Paris, avec un événement comme « Le parcours des mondes », rendez-vous des spécialistes et amateurs d’art traditionnel extra-occidental depuis 15 ans. Cet intérêt a éclipsé pendant un temps une scène plus contemporaine, me semble-t-il. 

 

Jusqu’à l’exposition emblématique « Magiciens de la Terre » à Paris en 1989 ? 

Effectivement, des initiatives pionnières sont nées en France. Il y a également eu la Revue Noire[trimestriel consacré à l’art du continent (1991-2000), ndlr] ou l’exposition « Africa Remix » au Centre Pompidou en 2005. Mais depuis, il ne s’était pas passé grand-chose. Le marché en France a redémarré il y a deux ou trois ans grâce à des expositions comme « Beauté Congo » [Fondation Cartier en 2015, ndlr], qui ont joué un rôle catalyseur. Mais ce qui me semble significatif est que le développement de cette scène africaine contemporaine ne se produit pas qu’à Paris mais également en province. Ces artistes sont montrés à Lille, au Havre ou à Lyon, pendant la biennale.  

 

Qui achète de l’art contemporain africain en France ? 

Lors de la première édition, les acheteurs étaient très variés. De grands collectionneurs d’art contemporain, qui ne collectionnaient pas forcément d’art contemporain africain, ont parfois fait entrer pour la première fois dans leur collection des artistes présentés à AKAA. Les institutions ont également répondu présent. Le Centre Pompidou, qui renforce actuellement ses acquisitions modernes et contemporaines sur l’Afrique, a fait l’acquisition d’une dizaine de photographies de Mário Macilau, représenté à AKAA 2016 par la galerie Ed Cross Fine Art. Puis, qui dit marché émergent, dit aussi jeunes artistes dont le prix des œuvres reste encore raisonnable, ce qui a donné l’opportunité à de jeunes collectionneurs de faire leurs premières acquisitions.

 

  « L’Europe est prise d’une fièvre étrange » pour l’art africain, écrit le curateur Simon Njami. Est-ce selon vous une simple mode ou une tendance pérenne ? 

Il est vrai qu’il y a eu un effet d’accumulation, avec une saison parisienne très riche au printemps. Mais je pense que ce n’est pas qu’un effet de mode. Nombre de galeries, d’artistes et de critiques travaillent pour la pérennité de cette scène. La dynamique se poursuit. La Fondation Cartier ouvre sa saison 2017-2018 avec une rétrospective Malick Sidibé. De même, il suffit de penser à l’exposition « Art/Afrique, le nouvel atelier » de la Fondation Vuitton pour s’en persuader : toute une section était consacrée aux œuvres acquises par la fondation. Les institutions ne se contentent pas d’exposer les artistes africains, elles les intègrent dans leurs collections. [...]

 

Propos recueillis par Emmanuelle Outtier.

 

L'interview intégrale est à retrouver dans le numéro 40 de Diptyk bientôt en kiosque.

« AKAA a un rôle à jouer dans la construction d’un marché pérenne »

Patrick Willocq, The art of survival. Courtesy de l’artiste et Vision Quest

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    30 septembre 2017
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