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Zied Ben Romdhane, West of Life, 2016, 40cmx60cm

Zied Ben Romdhane, West of Life, 2016, 40cmx60cm

Biennale de Bamako : African pride

Les Rencontres de la photographie de Bamako ouvraient leurs portes le 2 décembre. Curatée par Marie Ann Yemsi, cette nouvelle édition, Afrotopia, entend « invoquer une contribution africaine dans un monde qui impose d'inventer les ressorts du futur ». Diptyk y était. Petit Panorama dans l’article en lien. 

 

« La photographie reprend ses quartiers à Bamako». Le coup d'envoi de cette 11ème éditiondonné par la ministre de la culture malienne, N'Diaye Ramatoulaye Diallo, résonnait samedi comme une revanche dans le vaste parc du Musée national du Mali. Et pour cause, le pays relève doucement la tête dans un contexte sécuritaire fragile marqué par les conflits armés dans le nord. 

 

Il donne aussi le ton de cette biennale placée sous le signe de l'Afrotopia, référence directe au penseur sénégalais Felwine Sarr qui exhorte le continent à « débusquer dans le réel africain les vastes espaces du possible ». Au moment où l'Europe lorgne avec convoitise la production contemporaine africaine, cette 11ème édition prend  le contre-pied et entend montrer que « l'Afrique a ses propres ressources et ses propres outils pour agir sur son destin et sur celui du monde », note la commissaire Marie Ann Yemsi. 

 

Homosexualité, altérité contrariée, place de la femme dans la société, immigration, les quarante propositions réunies au Musée national du Mali donnent le pouls des problématiques contemporaines qui parcourent le continent. Ici, Marie Ann Yemsi s'est entourée d'un comité de conseillers curatoriaux qui comptait dans ses rangs les artistes Sammy Baloji et Aida Muluneh. Et cela donne une sélection éclectique où quelques habitués des rendez-vous internationaux (Neil Beloufa, Girma Berta, mounir fatmi) côtoient une majorité de jeunes photographes prometteurs comme Youcef Krache avec sa série N&B sur les combats de mouton à cornes en Algérie ou Christian Sanna qui s'immisce dans l'intimité de jeunes lutteurs malgaches. 

 

Parallèlement à l'exposition panafricaine, 5 commissaires-invités (dont la collection Walther) ont investi différents lieux dans la ville. Si l'exposition de Marie Ann Yemsi cartographie le temps présent, celles des commissaires invités semblent osciller entre un passé marqué par les indépendances et une projection dans un futur souvent décalé comme dans la série « Black Pope » de Samuel Fosso (Medina). 

 

Clémentine de la Féronnière tapisse ainsi les cimaises du Musée du district des très beaux tirages noir et blanc de James Barnor, pionnier de la photographie ghanéenne qui a régalé l'assistance lors d'une Master Class exceptionnelle, le 4 décembre. A quelques encablures, Azu Nwagbogu (LagosPhoto festival) creuse le concept d'Afrofuturisme à la galerie Médina tandis que Nathalie Gonthier interroge les marges à l'Institut français. Le jeune commissaire sud-africain Justin Davy propose, quant à lui, un éclairage sur les musiques depuis les indépendances (« Independence Remix »).

 

Le programme est riche. Et les off essaiment dans l'ensemble de la ville. A noter que l'artiste marocain Abdessamad El Montassir expose sa série « Al Amakine, une carthographie des vies invisibles » à la Villa Soudan.

 

Emmanuelle Outtier

Biennale de Bamako : African pride

Lola Keyezua, Stone Orgasms, 2015, 80cmx120cm

Biennale de Bamako : African pride

Fototala King Massassy, Anarchie-Productive, 2017, 50cmx70cm

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    5 décembre 2017
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