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Man Ray (1890-1976), Noire et blanche, 1926, épreuve gélatino-argentique négative sur papier non baryté, cliché : Adagp Image Bank

Man Ray (1890-1976), Noire et blanche, 1926, épreuve gélatino-argentique négative sur papier non baryté, cliché : Adagp Image Bank

Ce que Dada doit à l’Afrique

Le musée de l’Orangerie à Paris consacre une exposition à l’influence des arts africains sur le dadaïsme, ce mouvement apparu en pleine déflagration de la Première Guerre mondiale qui rassemblait artistes et écrivains animés par un même goût de la révolte.

 

« Tout peut servir à Dada : les contes aborigènes, les statues africaines, les rites des indiens Hopi, autant que les images des magazines féminins ou des journaux militaristes », écrit Valérie Loth dans le catalogue de l’exposition « Dada Africa ». Qu’ils aient sévi à Berlin, à Zurich ou, dans une moindre mesure, à Paris, les artistes dadaïstes tels que Jean Arp, Hugo Ball ou Raoul Hausmann ont fréquenté assidûment les musées ethnographiques et les expositions coloniales. Les plus téméraires ont même rencontré des tirailleurs sénégalais dans les tranchées de la guerre 14-18. La révolte qui est la leur, aussi bien à l’égard de la société bourgeoise que du langage qu’ils jugent formaté, les a conduits à sacraliser tout forme de spontanéité. S’ils se tournent vers les arts africains, à l’image des peintres cubistes avant eux, c’est tout autant par rejet de leur époque que par idéalisation ethnocentriste d’arts considérés alors comme primitifs. La première exposition dadaïste, organisée à Zurich en 1917, mettait ainsi côte à côte des oeuvres dada et des oeuvres africaines. 

 

DADA FUSION

 

Le Musée de l’Orangerie réitère ce geste initial en confrontant des masques et statuettes africaines avec des créations originales marquées par un art certain de l’hybridation. Hannah Höch procède ainsi à des photomontages audacieux dans lesquels des reproductions de masques du Bénin ou de statues égyptiennes côtoient des photos de magazine. Marcel Janco, l’un des fondateurs du mouvement, s’inspire d’un masque Dan ivoirien pour représenter le visage d’un musicien de jazz. […]

 

Olivier Rachet

 

Cet article est à retrouver intégralement dans le numéro 41 de diptyk

Ce que Dada doit à l’Afrique

Sophie Taeuber-Arp (1889- 1943), Motifs abstraits (masques), 1917, gouache sur papier, 34 x 24 cm

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    8 janvier 2018
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