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© Victoria Tomaschko

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Alya Sebti explore les croyances

Invités par Simon Njami, cinq commissaires planchent sur le thème de l’heure rouge. Parmi eux, la curatrice marocaine propose une exposition autour des rituels et mythes du continent. 

 

En arrivant aux commandes de Dak’art en 2016, Simon Njami avait une idée en tête : bousculer les habitudes. La réouverture du Palais de Justice, fermé depuis des années, en était sans doute le geste le plus emblématique. Mais pas seulement. Pour faire de Dakar une capitale-monde et « contrer cette notion de centre et de périphérie » qui relègue souvent le continent à la marge, Njami invitait pour la première fois des commissaires internationaux. Cette année, il récidive : cinq jeunes curateurs venus d’horizons divers (Mexique, Suède, Hong Kong, Cameroun, Maroc) proposeront leur interprétation du thème 2018, « L’heure rouge », au Musée de l’IFAN qui accueillait l’exposition principale avant « l’ère Njami ». Sans doute un symbole de plus, peut-être une façon d’assurer la relève. Parmi eux, la commissaire marocaine Alya Sebti propose le projet curatorial « Invisible » autour des rituels et mythes ancrés dans les réalités quotidiennes du Maroc et du Sénégal. Deux territoires de croyances très connectés, si l’on en croit les pèlerinages séculaires de la confrérie soufie Tijaniyya entre Dakar et Fès. Il n’en sera pourtant pas question dans son exposition dakaroise, prévient la curatrice. « L’heure rouge » d’Alya Sebti est plutôt « une reconnexion aux héritages éclatés », ceux façonnés par ces croyances populaires dévaluées par nos sociétés contemporaines rationalistes. Pour cet opus, la curatrice convoque plusieurs artistes – Hicham Berrada, Younès Baba Ali, Anna Raimondo – qu’elle connaît bien pour les avoir exposés à Mons ou à l’Ifa-Galerie (Berlin) qu’elle dirige depuis deux ans. Baba Ali s’attachera par exemple, lors d’une série d’interventions, aux pratiques mystiques qui entourent la lutte sénégalaise. Aux côtés de Anike Joyce Sadiq et Kenza Benamour, les artistes du projet Attokoussy, initié par le Cube (Rabat) l’an dernier, rejoignent la sélection. Leila Sadel, Zainab Andalibe, Mohammed Laouli et Abdessamad El Montassir proposeront des pièces inédites sur les croyances au Maroc. « Invisible », financé par le Goethe Institut, la fondation Alliances et l’Ifa-Galerie, voyagera par la suite en Allemagne. Preuve s’il en est que le souhait de Njami de faire de Dak’art « le lieu d’où partent les choses » est aujourd’hui une réalité tangible.

 

Article paru dans diptyk n°43 encore en kiosque

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    7 mai 2018
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