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 Christine des îles, 2018, Kinuna l’algéroise, 2018, impression sur papier dos-bleu, vue d’exposition «Les racines poussent aussi dans le béton», MAC VAL, Vitry-sur-Seine, 2018 Courtesy of the artist © Aurélien Mole

Christine des îles, 2018, Kinuna l’algéroise, 2018, impression sur papier dos-bleu, vue d’exposition «Les racines poussent aussi dans le béton», MAC VAL, Vitry-sur-Seine, 2018 Courtesy of the artist © Aurélien Mole

Ces espaces que nous habitons

Kader Attia explore l’architecture du corps et de la ville à travers un véritable labyrinthe visuel et sonore. Une fois encore, l’exil est au coeur de cette nouvelle exposition conçue comme un parcours initiatique.

 

« Ce qui m’intéresse est la notion d’architecture du corps. Je pense que l’esprit habite le corps comme le corps habite l’espace », précise Kader Attia. L’artiste français s’intéresse ici au soubassement archéologique et idéologique des cités-dortoirs construites en banlieue parisienne dans les années 60. Là où ont poussé les racines de Kader Attia et là où se situe le MAC VAL, à Vitry-sur-Seine. « Le choix de ce musée n’est pas anodin. Pour moi, la présence d’un musée d’art contemporain en banlieue est le terrain idéal pour pouvoir développer une pensée collective des quartiers. » Une vaste série de collages, composés notamment de photographies d’archives, révèle toute l’ambivalence des projets modernistes d’urbanisation, imaginés le plus souvent à partir d’observations des architectures de terre du Mzab, aux portes du Sahara. Quand l’Algérie coloniale était un « laboratoire des banlieues ». Kader Attia précise que cette nouvelle exposition est beaucoup moins rétrospective qu’introspective : « J’explore mon histoire pour comprendre les blessures de notre monde contemporain et faire partager au public un vécu personnel,

si tant est qu’à travers certaines oeuvres nous puissions nous retrouver. » Notre mémoire cinématographique est convoquée par des extraits de films mettant en scène Jean Gabin. Le générique de Mélodie en sous-sol de Jean Verneuil montre un homme errant dans la ville nouvelle de Sarcelles, en plein chantier : « Ce film est une métaphore de l’impasse moderniste et de l’absurdité du projet moderniste de logement social qui tendait à vendre le confort pour tous. » À son image, le visiteur déambule, d’installation en vidéo, partageant ce sentiment d’exil, aussi bien intérieur que géographique, qui est au coeur du travail de Kader Attia. […]

 

Olivier Rachet

 

L’article est à retrouver en intégralité dans le numéro d’été de Diptyk (n°44)

 Ces espaces que nous habitons

Untitled (Skyline), 2007-2012, réfrigérateurs, peinture noire, tesselles de miroir © Adgp, Paris 2018. Photo © Marc Domage

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    11 juin 2018
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