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Untitled #15, série Untitled, 2017, tirage argentique sur papier baryté, 47 x 59 cm,  Courtesy the artist and Galerie 127

Untitled #15, série Untitled, 2017, tirage argentique sur papier baryté, 47 x 59 cm, Courtesy the artist and Galerie 127

Hicham Gardaf, réfugié de la modernité

Le photographe tangérois retrouve sa ville natale pour exposer sa dernière série à la Galerie Delacroix. L’occasion de revenir sur le parcours sans faute d’un jeune artiste aux prises avec les contradictions de la modernité marocaine.

 

On pourrait le qualifier de « héros très discret ». Cela ferait certainement rougir son visage aux allures de baby face, malgré l’approche de ses 30 ans. Grand échalas à la douceur attendrissante, Hicham Gardaf n’en mène pas moins une carrière de photographe international avec détermination, depuis ses débuts en 2010. Alors étudiant en sciences économiques à Tanger, il commence à travailler à la librairie Les Insolites. Dans le giron de sa directrice Stéphanie Gaou, infatigable dénicheuse de talents, il découvre la photographie à travers le livre. Les stars de l’agence Magnum sont ses premiers modèles : Harry Gruyaert et son approche de la couleur au Maroc dans les années 70, les portraits socio-décalés en noir et blanc du Suédois Anders Petersen. Est-ce aussi l’esprit « analogico-nostalgique » de Tanger, où flottent encore les fantômes de Bowles et Choukri ? Toujours est-il qu’après avoir produit des milliers d’images avec son premier numérique, Hicham Gardaf choisit la lenteur et l’exigence d’un Nikon F3 argentique. Il devient alors un « réfugié de la modernité », investissant une technique ancienne et en perte de vitesse. Très vite, comme beaucoup de photographes de sa génération, c’est son extime qu’il donne à voir, un « intime de l’extérieur » comme l’a théorisé Yvon Langué dans « Extimacy », son expo solo à la Galerie 127 en 2013. Probablement trop pudique pour photographier son propre refuge familial, Gardaf se tourne vers sa rue, ses amis, son quartier. Un premier travail qui séduit Nathalie Locatelli, directrice de la Galerie 127 : « Touchée par la grâce qui se dégageait de ce jeune homme, j’ai senti que je pouvais l’aider dans son désir d ’entrer en photographie . N’ayant jamais fait produire son travail de manière professionnelle, je lui ai présenté des tireurs, nous avons organisé ses séries… »

 

Comme pour Safaa Mazirh, Locatelli a immédiatement misé sur le talent de Gardaf en lui ouvrant le réseau des foires et expos internationales, comme Fotofever Bruxelles ou l’Hôtel de Sauroy pendant le Mois de la Photo à Paris. Sa première série, Tangier Diaries, se fait remarquer. Avec ses compositions nerveuses où les visages s’offrent sans concession et où les corps sont souvent tronqués, c’est déjà un Tanger en mouvement que Gardaf dessine à gros traits. Ce sera le fil rouge de sa démarche, jusque dans ses dernières images qui dénoncent l’urbanisation anarchique en bordure de la ville. [...]

 

Marie Moignard

 

L’article est à retrouver en intégralité dans le numéro d’été de diptyk (n°44)

 Hicham Gardaf, réfugié de la modernité

RS #7, série The Red Square, 2014, tirage pigmentaire sur papier baryté, 80 x 80 cm, Courtesy the artist and Galerie 127

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    11 juin 2018
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