portfolio
Webtv
I Got, 2018, marqueur acrylique sur patron de couture, 115 x 144 cm Courtesy de l’artiste et Comptoir des mines

I Got, 2018, marqueur acrylique sur patron de couture, 115 x 144 cm Courtesy de l’artiste et Comptoir des mines

L’enfance de l’art

Mo Baala nous fait la visite guidée de son premier solo show et nous ouvre les portes de son univers peuplé de créatures aussi étranges que fascinantes.

 

« Les enfants peuvent aimer mon travail, mais les enfants ne peuvent pas faire mon travail ! », s’exclame Mo Baala devant un immense voile couleur ivoire de plus de 4 mètres, recouvert de morceaux de cuir et situé dans le hall d’entrée du Comptoir des Mines. Point de départ d’une visite aussi guidée que déroutante. De l’enfance, Mo Baala a gardé intacte une passion pour le découpage et le collage, notamment du textile et du cuir. À partir de ces matériaux bruts, il donne forme à un univers rempli de monstres et de créatures mi-hommes mi-insectes. Des figures dont on ne sait pas si elles sont en train de danser ou de chanceler. « Les monstres sont un produit de notre éducation », assène l’artiste. Pas de discours théorique chez cet autodidacte qui nous raconte comment il collectionne depuis toujours les pièces de tissu, qu’il assemble afin de figurer aussi bien des masques que des tentures, qu’il définit comme « une sorte de format spirituel ». À la question de savoir quelles ont été ses influences, il rétorque simplement que « nous sommes tous les enfants de plusieurs écoles ».

 

«Je peux déformer les choses!»

 

Sans doute est-ce le souvenir de son enfance passée à Taroudant qui le conduit aujourd’hui à utiliser comme support des patrons de couture et de broderie. Leurs pointillés lui rappellent les plans d’une médina et leurs instructions lui rappellent la figure maternelle. La famille n’est jamais loin chez Mo Baala, qui a choisi pour signature un bateau fissuré en son centre, symbole « de l’instabilité et de la séparation », qui réunit les figures du père, de la mère et du fils. Mais un fils plus insoumis qu’obéissant, comme en témoignent ces phrases poétiques où, à l’aide de simples marqueurs, cet éternel adolescent clame sa révolte et sa soif d’amour (« I got the Monet sunshine in my eyes and Matisse scissors in my hand… »). Quand on lui dit que la liberté du trait rappelle parfois le graffiti ou le street art, il répond, sibyllin, que « le meilleur street art a surtout été produit par le cosmos. » Il suffit de contempler un mur décrépit ou une maison à l’abandon pour s’en convaincre. […]

 

Olivier Rachet

 

L’article est à retrouver intégralement dans le numéro 44 de diptyk actuellement en kiosque

L’enfance de l’art

The Trace of Memory, 2018, marqueur acrylique et huile sur toile, 100 x 100 cm Courtesy de l’artiste et Comptoir des Mines

tags

    21 juin 2018
    blog comments powered by Disqus

    tags

      S'abonner