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LA COLLECTION DE THOMAS CAZEVANE

Il y a 10 ans, ce jeune entrepreneur immobilier s’installait au Sénégal. A la biennale de Dakar, il proposait un des off les plus courus, « theMatter », avec quelques noms doucement familiers : Amadou Sanogo, Yassine Balbzioui ou encore Dalila Dalléas Bouzar.

 

Quelle est la première œuvre que vous ayez achetée et dans quel contexte ?

 

C’était il y a sept ans à Dakar, un tableau de Soly Cissé qui est devenu un ami depuis. J’étais dans son atelier en compagnie de mon père qui, lui aussi, avait acquis une œuvre. Mon père, depuis décédé, aimait beaucoup le travail et la personnalité de Soly. Soly Cissé est le point de départ de ma collection, mon artiste phare et surtout une source incessante d’encouragement dans mes activités liées à l’art.

 

Et la dernière en date ?

 

Il y en a pas mal en cours ! Yassine Balbzioui, qui est venu en résidence chez moi à Dakar lors de la dernière biennale, m’a laissé deux aquarelles où un gibbon dans l’une et un yeti dans l’autre jouent à la corde à sauter.

 

Quels sont les jeunes artistes que vous suivez de près ?

 

Un très jeune et talentueux artiste franco-congolais, Benjamin Biayenda, que j’ai également exposé lors de la biennale de Dakar. Ses dessins qui posent de franches questions sur la notion de genre sont renversants. J’ai aussi les yeux tournés vers une photographe sud-africaine, Phumzile Khanyile, qui a déjà largement fait parler d’elle avec sa série Plastic Crowns.

 

Quelle est l’œuvre la plus chère qui figure dans votre collection ?

Peut-être un grand format d’Amadou Sanogo acquis en 2016 ou une tapisserie d’Abdoulaye Konaté. Ou des dessins de Barthélemy Toguo ? En fait je ne me base pas sur la valeur marchande des œuvres ou la côte des artistes pour déterminer mes achats.

 

Si vous deviez quitter votre maison en catastrophe, quelle œuvre sauveriez-vous ?

 

Difficile question mais puisqu’il faut choisir je dirais une toile de Dalila Dalléas Bouzar, Les Femmes d’Alger. Son adaptation d’un doux psychédélisme du tableau de Delacroix est d’une liberté sidérante, on y voit l’évolution de la peinture moderne.

 

Quelle est l’œuvre que vous regrettez de ne pas avoir acquise ?

 

Sûrement une œuvre de Billie Zangewa que je n’ai pas pu acheter quand elle était encore abordable. Maintenant j’évite tant que possible de passer à côté d’œuvres qui me touchent quitte à contorsionner pour un temps mes finances.

 

Si vous pouviez les faire revivre ou les réunir, quels artistes aimeriez-vous inviter à votre diner idéal ?

 

Je passerais bien un dîner en compagnie de l’écrivain et artiste Henri Michaux, grand explorateur de l’esprit. Ses aquarelles et dessins à l’encre de Chine laissent une impression de mystère, une trace fugace du royaume de l’invisible.

 

Quel genre de collectionneur êtes-vous ?

 

Ardent, passionné et compulsif sont les mots qui me viennent à l’esprit. Et quand je peux soutenir un jeune artiste, j’essaye de le faire.

 


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    27 août 2018
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