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Laurent Gudin, Entraînement de Mor Ndiaye, jeune lutteur de l'écurie Ndakaru, Sénégal, 2007, tirage argentique viré au sélénium,  48 x 48 cm © Laurent Gudin

Laurent Gudin, Entraînement de Mor Ndiaye, jeune lutteur de l'écurie Ndakaru, Sénégal, 2007, tirage argentique viré au sélénium, 48 x 48 cm © Laurent Gudin

AKAA, LA VOIE DES SUDS

Considérée par beaucoup comme une outsider, also known as Africa revient à Paris pour la troisième année, du 09 au 11 novembre.

 

Plus jeune que la 1-54 et limitée par la taille du Carreau du Temple, AKAA dispose néanmoins d’arguments pour s’affirmer comme un évènement important pour le marché européen. Et ce n’est pas Sotheby’s qui dira le contraire : partenaire de la foire, la maison de ventes considère cette alliance comme le moyen d’atteindre plus de clients français et belges, explique Hannah O’Leary, chef du département consacré à l’art contemporain africain. En France, où les premières ventes dédiées à cet art contemporain africain ont eu lieu seulement aux alentours de 2012, AKAA est un signe de plus, comme le rappelle Christophe Person, directeur du département « Art contemporain africain » chez Piasa, l’une des premières maisons de vente à avoir un département dédié. 

 

La photo comme porte d’entrée

En parallèle de Paris Photo au Grand Palais, AKAA cherche à tirer parti de cet événement en mettant les artistes photographes au premier plan : l’affiche reproduit un tirage de Justin Dingwall et un hommage est dédié à un autre photographe sud-africain, Roger Ballen. L’exposition dédiée à ce maître du noir et blanc mondialement connu est d’autant plus attendue qu’il a été peu montré en France. Pionnier de la fiction documentaire, il assoit la dimension photographique de la foire, renforcée cette année par la création du prix Onomo qui sera décerné à un photographe parmi les quelques 140 artistes exposés. Par ailleurs très importante au Mali, la photographie représente un angle assez pertinent pour montrer des artistes qui voyagent beaucoup. C’est un médium qui permet de diffuser des images largement et facilement, que la Biennale de Bamako célèbre depuis plus de vingt ans. L’installation monumentale de Susana Pilar, à cet égard, marquera probablement les esprits. L’artiste cubaine, représentée par la Galleria Continua, est invitée à investir la nef centrale avec une disposition de photographies à taille humaine où elle revient sur son histoire familiale. Ancêtre chinois, famille africaine, la généalogie de l’artiste dessine un nouveau parcours qui invite à repenser la logique des échanges artistiques.

La cartographie d’AKAA s’intéresse aux échanges entre le continent et d’autres régions du monde : Amériques, Asie, Moyen-Orient. Avec 49 galeries d’une quinzaine de pays différents, ce partipris de la foire depuis ses débuts fait la part belle à la diaspora et consacre le Sud Global. Des jeunes artistes comme Nicolas Henry (lire portfolio p. 46), qui ont fait de l’Afrique le sujet de leur travail, côtoient des pointures du continent comme Esther Mahlangu. La diversité des artistes présentés vise un assez large public. Pour le collectionneur marocain Othman Lazrak, qui vient depuis la première édition, « l’emplacement d’AKAA au cœur de Paris attire facilement les curieux. L’échelle même de la foire en fait un lieu d’échanges et de découvertes intéressant ». 

 


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    1 novembre 2018
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