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GHARBAOUI, UNE COTE INTERNATIONALE EN ASCENSION CONSTANTE

Une huile sur toile de Jilali Gharbaoui a été adjugée pour 98 000 euros soit 1 085 919 dirhams chez Tajan, à l’occasion de la vente du soir Art d’Après-Guerre et Contemporain le 5 mai dernier. Cette huile sur toile de 65 x 100 cm, datée 1959, provenant d’une collection particulière parisienne, était estimée entre 50 000 € et 60 000 €. En 1959, Jilali Gharbaoui qui a adopté depuis moins d’une décennie un langage résolument abstrait, est introduit par Pierre Restany au groupe des Informels à Paris. Il complète ainsi sa formation, initiée au Maroc, puis à l’académie des Beaux-Arts de Paris et à l’académie Julian de 1952 à 1958.

« Il y a très peu de passages en vente en France. Le tableau que nous avons présenté le 5 mai, qui provenait de la collection privée d’un Marocain vivant en France, était la troisième œuvre de Gharbaoui que nous passions en vente chez Tajan. Nous avions notamment vendu à 73 000 € frais compris, en mai 2007, une huile sur toile de 1968       (63,5 x 98 cm) estimée 15 000/ 20 000€», explique Julie Ralli, expert Tajan pour cette vente. En effet, la seule autre maison de ventes française à avoir mis des œuvres de Gharbaoui à l’encan est Gros & Delettrez. Il s’agissait d’œuvres sur papier présentées dans le cadre des ventes consacrées à l’Orientalisme.

« Gharbaoui est un artiste encore assez méconnu en France et assez mal documenté malgré ses séjours et divers liens avec Paris. Chez Tajan, nous avons fait le choix de présenter ses œuvres dans des ventes d’Art Contemporain, un choix que justifie son travail et ses recherches plastiques, et ce, bien que les acheteurs soient encore uniquement des collectionneurs d’art arabe », poursuit Julie Ralli.

Une cote en construction

S’il est encore difficile d’évaluer la cote de Gharbaoui en France car les passages en vente sont récents et peu nombreux, en revanche, « on peut dire sans aucun doute que les résultats atteints en France suivent la même ligne de prix qu’au Maroc », conclut l’expert de Tajan. « Pour Gharbaoui, la cote démarre véritablement son ascension en 2007, atteint un premier pic en juin 2007 à 720 000 DH, puis décline en 2008 par manque d’œuvres de qualité mais aussi parce que les acheteurs se sont laissé en quelque sorte distancer par les prix », explique Hicham Daoudi, P.-D.G  de la maison de ventes marocaine CMOOA.

En juin 2009, une adjudication à 630 000 DH (CMOOA) signe le véritable démarrage de l’ascension de la cote de Gharbaoui, qui se confirme peu de temps après avec la dispersion de la collection Benslimane en avril 2010 ( CMOOA). En effet, le record absolu d’adjudication pour Jilali Ghrabaoui a été atteint par une composition datant de 1960 (un grand format de 97x163 cm) issu de la collection du Docteur Mustafa Benslimane, et qui atteignait 2 160 000 dirhams prix marteau.

« Le résultat record, qui dépasse la moyenne atteinte par Gharbaoui, est à l’image d’une œuvre exceptionnelle à plus d’un titre. L’artiste n’a que très rarement affronté cette taille de support. Ce chef-d’œuvre nous permettait, en plus de l’effet produit par le record d’adjudication, de découvrir un autre talent de l’artiste, celui d’excellent coloriste. Je considère qu’avec la collection Benslimane, on a franchi un pas décisif : les acheteurs ont eu conscience d’acquérir une œuvre de qualité mais aussi un morceau de la vie de l’artiste, chez son collectionneur de référence », poursuit Hicham Daoudi.

Finalement, le résultat de Paris chez Tajan confirme la cote de l’artiste. « Le fait que les acteurs muséaux du Moyen-Orient s’intéressent à la peinture de notre pays a un effet très positif sur la valeur de toute la peinture moderne et abstraite marocaine. Cet engouement a permis un bond, dont on ne sait s’il est temporaire ou durable, de 20 à 30 % sur les cotes des principaux artistes », conclut Hicham Daoudi.

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    July 13, 2010
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